Du latin "claudere" clore, la clôture sert à délimiter un espace, à enclore un terrain. Plusieurs termes sont utilisés pour l'évoquer de nos jours : mur, muret, enceinte, barrière, palissade, grille, haie,...
Des murs d'enceinte et portails imposants des châteaux aux clôtures bâties en brique, pierre ou ferronnerie, jusqu'aux haies végétales libres ou taillées, tous ces types de clôtures participent à la diversité et à la spécificité des paysages urbains et ruraux.
La clôture répond à un besoin d'intimité, elle sert à protéger de l'intrusion, elle peut aussi avoir une fonction climatique. Elle représente la limite de la parcelle, elle compose la façade de la rue, elle matérialise la séparation entre deux propriétés distinctes ou la transition entre espace privé et espace public.
Dans un contexte d'habitat dense, la clôture, tout en marquant les limites de la propriété et en protégeant l'intimité, doit assurer la continuité de l'espace public.
Chaque rue, chaque quartier a des spécificités qu'il convient d'observer, d'identifier, avant de concevoir sa propre clôture, afin de rester cohérent avec le voisinage proche. En tissu urbain, le mur végétalisé ou bâti plus ou moins opaque et haut, permet de lier les constructions entre-elles dans une unité générale. Parfois, il devient lui-même élément de construction ; mur-pignon ou garage intégré.
L'enjeu est de rechercher une certaine diversité sans être trop hétérogène et une relative harmonie sans être trop banal, pour concilier lieu privé et espace public.
Dans le cadre de documents d'urbanisme (PLU, lotissements, ...), de périmètres de protection M. H. ou de chartes paysagères, l'édification de clôtures peut être réglementée. Des prescriptions sont définies afin de guider chaque propriétaire privé vers une solution garantissant un résultat plus homogène de l'image du futur quartier. Ainsi, peuvent être précisées la nature et la teinte des matériaux, la hauteur des murets ou des grillages, la palette végétale adaptée.
Les nouvelles constructions sont souvent implantées, dans le paysage rural, en rupture avec les modes traditionnels d'occupation de l'espace : la clôture peut être un moyen pour une meilleure insertion du bâti dans le paysage existant.
La restauration des anciens murets est mieux adaptée que la construction
d'un mur neuf, davantage conseillée en milieu urbain.
En campagne, la transparence d'une clôture grillagée est intéressante pour préserver les vues et rester discret dans un environnement végétal.
L'édification d'une clôture n'est pas obligatoire : une surface enherbée et plantée est une solution moins coûteuse et très discrète.
Avant de choisir la palette végétale, il convient de s'interroger sur les critères esthétiques (forme, tonalité du feuillage, période de floraison, ...), d'entretien (taille plus ou moins fréquente par exemple), et écologiques (climat, exposition, ...).
En règle générale, qu'elle soit taillée ou laissée libre, la clôture végétale gagne à être composée de plusieurs essences locales. Mélangées irrégulièrement, elles évitent l'effet banalisant des alignements de conifères à la croissance difficile à maîtriser. Elles participent aussi à la richesse écologique, tout en évitant la propagation de certaines maladies.
L'opacité de la clôture ou sa transparence, sa nature minérale ou végétale, sa juxtaposition plus ou moins en continu avec les clôtures voisines, son intégration discrète dans un environnement rural, sont autant d'éléments à prendre en compte dans le choix des matériaux constituant l'ouvrage et dans le savoir-faire de leur mise en oeuvre.
Le dispositif d'accès doit être à la fois fonctionnel et cohérent avec l'ensemble de la clôture. Ainsi, les retraits imposés parfois pour l'accessibilité des véhicules depuis la voie et leur stationnement, hors du domaine public, doivent faire l'objet d'un traitement soigné.
Les portails et portillons, qu'ils soient dessinés sur mesure ou choisis sur catalogue, s'harmoniseront avec la clôture et la maison : hauteurs alignées, couleurs assorties aux menuiseries du bâtiment, par exemple.
Les piliers maçonnés, marquant les points singuliers de la parcelle, comme l'entrée et les angles, doivent rester limités en nombre et en hauteur.
Les éléments techniques, tels que coffrets électriques ou boîtes aux lettres, seront intégrés dans la clôture : ainsi, tout en étant discrets, ils resteront accessibles facilement de l'extérieur.
Plus d'infos : CAUE 82